Laurent Poliquin - sans titre

une fuite endimanchée coquine écartelée
du convoi des habitudes
dans l’allant cortège
Winnipeg transit
m’immiscer humide
par le détour rond de la pluie
d’une joue luisante
première parole
primo mobile d’amour mouillé

je suis venu à toi plissé d’un ennui de vivre
pour épingler nos épousailles
sur un mur enlacé d’une voix

clair bleu boule
mémo des secondes pyromanes
l’infini bonjour reluit—lèvres—missive
dans les détails ô fortuné de nos mains

je t’aurais dit je t’aime
crucifix à la bouche
que tu ne l’aurais vu
je dis salut
cérémoniel
comme l’on tripatouille un poème
étendu dans la peine consumée
de la dimanche surprise des matines de ma ville
la carte de cette affaire en sursis
nom addresse courriel corolle
se déployait en une divina commedia de l’Espérance

tous ce détours
avouons-le
à se perdre encore
comme des passantes New-Yorkaise Florentine
ou Parisienne baudelairiennne
devant des êtres qui refoulent folie

je reviendrai à toi
à pied de nez coupable
en oubliant jusqu’à ton nom
ton tailleur olive-môme à jouer dehors
ta jupe fourreau taille lascive
ta chevelure de querelles byzantines
toi qui pâlit ô clairon des atours
toi qui gémit au titre de tous les livres
car j’expose illisible
blanc noir entortillé de se mettre en page
le canevas de notre profonde lecture humain



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